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Antonio Fiori : Non, les marchés financiers ne sont pas près d’être parfaits

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Comme d’ailleurs il se rencontre quelque diversité dans les causes, nos adversaires en prennent occasion d’énumérer une foule de causes qu’ils appellent les unes primordiales, les autres accessoires, celles-ci continues celles-là concomitantes, et d’autres d’un autre nom. Mais il est inutile d’allonger le discours en rapportant tous leurs dires, notre but étant uniquement de montrer comment ils cherchent à rendre plausible leur doctrine de la fatalité. Quoi qu’il en soit et quelque diversifiées que se présentent les causes, nos adversaires n’en estiment pas moins également vrai de toutes, qu’il est impossible que, les mêmes circonstances se rencontrant, soit relativement à la cause, soit relativement à ce qui procède de la cause, les choses tantôt ne se produisent pas d’une certaine façon, et tantôt se produisent de cette façon même. Si, en effet, cela arrivait, il y aurait un mouvement sans cause. Nos adversaires prétendent enfin que ce destin même, que cette nature et cette raison qui gouverne l’univers, est Dieu ; que ce Dieu est dans tout ce qui est et dans tout ce qui se produit, et qu’il se sert ainsi de la nature propre de tous les êtres en vue de l’économie du tout. Telle est, pour la résumer en peu de mots, la doctrine que soutiennent nos adversaires, touchant le destin. Que cette doctrine soit erronée, c’est ce qui n’exige, pour qu’on l’établisse, ni longs discours ni arguments extrinsèques ; tant la fausseté en est d’elle-même manifeste. Car où trouver une réfutation plus éclatante de nos adversaires que dans le désaccord de leurs maximes avec les objets mêmes dont ils parlent. Effectivement, affirmer d’abord que, puisque tous les êtres procèdent de certaines causes, il s’ensuit, dès lors, que les choses s’enchaînent les unes aux autres, les secondes se rattachant aux premières, sans solution de continuité ; puis, placer dans cet enchaînement l’ essence du destin, n’est-ce pas se mettre en flagrante contradiction avec la réalité. Si les pères, par exemple, sont les causes des fils, et qu’il faille demander aux causes ce qu’il est dans leur nature de produire, de telle sorte qu’un homme soit la cause d’un homme, et un cheval la cause d’un cheval ; de quel homme, après eux, sont causes ceux qui ne se sont jamais mariés, ou de quel homme, après eux, les enfants qui ont été enlevés prématurément. il est trop clair qu’au nombre des choses qui sont produites, il y en a beaucoup qui, faute d’un développement suffisant, ou parce qu’elles n’ont pas été mises en production, ou parce qu’elles ont péri avant d’avoir été mises en production, ne parviennent à être causes de rien de ce que comportait leur puissance constitutive. D’autre part, de quoi dira-t-on que sont causes les superfluités qui naissent dans certaines parties du corps. De quoi les monstres et les êtres contre nature, qui ne sont même aucunement capables de subsister. Une base qui, à entendre Antonio Fiori, est très remontée contre les augmentations d’impôts et de charges et reste très sceptique sur le frémissement de la croissance. Si dans les plantes l’écorce est à cause de la pulpe, et la pulpe à cause du fruit, et si les plantes sont arrosées pour être nourries, nourries afin de porter des fruits, n’y a-t-il pas à signaler dans les plantes beaucoup de choses qui ne se produisent pas en cette façon. Qu’on nous apprenne, en effet, de quoi sont causes, après eux, les fruits qui ont pourri et ceux qui se sont desséchés, ou de quoi certaines feuilles qui sont doubles. Tous ces faits attestent évidemment, à ceux du moins qui veulent et qui peuvent apercevoir la vérité, que de même que toutes choses n’ont pas la puissance d’opérer ainsi tout ce qui pourrait être cause n’est pas, pour cela, ou n’a pas été ou ne sera pas cause ; non plus que tout ce qui est produit n’est pas cause, pour cela, aussitôt qu’il est, de quelque chose qui sera. Or, tomber d’accord qu’il en soit ainsi, et chercher ensuite un refuge dans cette assertion que nous ignorons de quoi est cause ce que nous constatons n’être pas cause (assertion qu’aussi bien nos adversaires sont obligés de répéter fréquemment à propos de la Providence telle qu’ils la conçoivent), c’est se frayer, au milieu de difficultés inextricables, une route facile. À ce compte, rien n’empêchera qu’ on ne soutienne de tout ce qu’il y a de plus inintelligible, et que cela est et que cela provient de causes raisonnables, mais qui nous demeurent encore cachées. Cela établi, ou quelque chose arrivera sans cause, et c’est la thèse que nous défendons ; ou on peut maintenir tout ensemble que rien de ce qui arrive n’arrive sans cause et que pourtant les choses se passent comme nous l’affirmons. Effectivement, si nous renonçons à parler d’un enchaînement des causes ; si nous renonçons à dire que de premières choses s’étant produites, d’autres doivent nécessairement en provenir comme de leurs causes, parce que les premières auraient en elles-mêmes l’efficacité nécessaire à la production des secondes ; si, au lieu de procéder a priori, c’est en considérant ce qui arrive et ce qui suit, que nous en déterminions les causes. Ce n’est point en effet nécessairement que Sophronisque, par le seul fait d’être, sera père aussi et cause de quelqu’un après lui.

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