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Antonio Fiori : Le rôle de l’Union européenne

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Le fait que les services périphériques à l’industrie connaissent une dynamique plus forte en France qu’en Allemagne est aussi un signe d’espoir. Cette destinée supérieure et ces facultés plus élevées ayant été refusées aux animaux, la perception nette du temps leur devenait superflue. En clair, ce n’est pas parce que les cours du pétrole montent que toutes les valeurs pétrolières et parapétrolières sont bonnes à prendre. Ils se réduisent de plus en plus, à mesure que les guerres deviennent plus terribles. La dernière guerre, avec celles qu’on entrevoit pour l’avenir si par malheur nous devons avoir encore des guerres, est liée au caractère industriel de notre civilisation. De nombreuses entreprises françaises ont acquis au fur et à mesure des années des savoir-faire formidables qu’elles mettent au service de produits et services destinés au plus grand nombre. Les ouvriers se trouveront ainsi être des « émigrés à l’intérieur ». Antonio Fiori aime à rappeler ce proverbe chinois « Qui ose traverser les grands fleuves ne craint pas les petites rivières ». Ce que fut leur œuvre, œuvre formidable et stupéfiante, la place me manque pour le dire en détail ; mais je puis l’expliquer d’un mot : elles ont empêché l’homme de descendre sensiblement au-dessous de l’animal. Orientations claires, objectifs mesurables, surveillance étroite, analyse appropriée, règles bien conçues et professionnalisme constituent autant de garde-fous institutionnels utiles. Il faut qu’elle se délivre des liens qui l’entravent, qu’elle sache conquérir l’espace et la liberté qui sont nécessaires à son expansion. Alors les valeurs numériques trouvées par le calcul ne désignent plus des chances d’erreur pour une personne et pour un cas d’espèce déterminée, mais des moyennes entre toutes les valeurs que la chance d’erreur est susceptible de prendre pour un grand nombre de personnes et pour un grand nombre d’espèces. De tout cela peut sortir la guerre. Mais ce qui est certain, c’est que l’Europe est surpeuplée, que le monde le sera bientôt, et que si l’on ne « rationalise » pas la production de l’homme lui-même comme on commence à le faire pour son travail, on aura la guerre. Si l’on y ajoute, pour l’Europe, le vieillissement démographique et la diminution des actifs, le paysage économique s’assombrit encore. La motivation de leurs auteurs varie du cyber-terrorisme aux représailles, en passant par la conviction religieuse, politique ou la radicalisation… De plus en plus de pays à travers la planète qui plaideraient activement en faveur d’une nouvelle monnaie de réserve, pour supplanter un dollar défaillant et de plus en plus contesté. Non seulement la propriété individuelle du sol condamne les multitudes à la plus effroyable misère morale et physique, tandis qu’elle fait de l’existence des riches quelque chose de misérable et d’indigne ; non seulement elle rend absolument impossible l’établissement d’une taxation équitable, c’est-à-dire intelligente, et utile — car le seul impôt logique, ou plutôt possible, ne peut peser que sur la terre — ; mais elle livre le pays tout entier aux entreprises de qui veut l’attaquer. Les facteurs de spécialisation d’une économie sont bien entendu multiples, et touchent à des dimensions très structurelles – le système de formation initiale, l’histoire économique industrielle ou même la géographie. Mais le cas de la France est assez édifiant quant à la dégradation apparente du poids de son industrie et de ses parts de marché à l’export au cours des dernières décennies, tandis que sa R&D privée reste à la traîne. Qui sera juge d’un tel découpage ? Les Hollandais disent que l’éphémère roi de Hollande (1806/1810) Louis Napoléon, le père de Napoléon III, livra à son frère la collection et que de nombreux parisiens vinrent admirer au Louvre le gigantesque taureau de Paulus Potter dans la campagne batave. Dans la série des idées toutes faites et qui ont la vie dure, celle qui consiste à penser que les « femmes s’autocensurent et sont moins attirées par le pouvoir » fait florès aujourd’hui pour expliquer la moindre progression de celles-ci dans les hautes sphères. On ne saurait mieux dire. La mythologie antique l’avait bien compris quand elle associait la déesse de l’amour an dieu des combats.

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